Et nous on fait quoi?


(Mathieu Leclaire) #1

(Mathieu Leclaire) #3

Puisque nos papiers ne sont lus que par une petite minorité: d’autres chercheurs, dont la seule action aujourd’hui est d’écrire d’autres papiers qui ne seront pas lus, pas entendus, pas pris au sérieux en face des économistes kamikazes et des politiques à ambitions court thermistes.

Est-ce qu’on continue à se donner du plaisir intellectuel entre nous ? Est-ce qu’on continue les mêmes pratiques stériles chacun dans son coin ? Est-ce qu’il n’y a rien de plus urgent que de s’emparer des questions éclogiques, des délires consuméristes, des abhérations énergétiques ? Si nous ne faisons rien, qui pourrions nous blâmer de ne rien faire ? N’est-ce pas notre métier de réfléchir, de penser, de proposer ? Si nous ne prenons pas ce temps pour le faire, qui le fera ? Qui prendra la main de la grande majorité des gens qui ont un boulot inutile, voire destructeur ? Qui fera ça ? Qui ?


(Etienne Delay) #4

Salut à tous,
Merci Mathieu, pour ce topic ! C’est rigolo, ça rejoint plusieurs discussions en off ! Pour moi il y a une posture hybride. Oui on peut continuer à se donner du plaisir (intellectuel), mais on peut aussi essayer de changer (un peut le monde).
Pour moi l’approche de modélisation participative très largement orienter vers le co-apprentissage est fondamentale (C.f. HDR de Christophe Le Page, et plus généralement les approches ComMod).

Mais ça me pose des questions sur l’échelle de mise en oeuvre face à cette nature en danger ! Pour 20 personnes qui participent à un atelier, combien ne changeront pas de pratiques ! Et quand le torchon brule par les deux bouts (et qu’il y a en plus des politiques qui soufflent sur les flammes) !

Bon pour mettre un peu d’espoir dans ce thread ! Vous avez peut-être entendu parler des TFCAs (Transfrontier Conservation Areas). En Afrique Australie les pays s’organisent pour préserver la biodiversité.

Dans ce cadre-là, le projet Prosuli a pour ambition d’aider à faire émerger des règles de gestion collective de l’environnement et de la faune sauvage. Parce qu’il y a de gros conflits. Le matin du premier atelier, un des villageois qui était sorti chercher du bois s’est fait tuer par un éléphant. Du coup on s’est dit que notre atelier allait tourner autour de mesure contre la faune sauvage ! Et ce qui en est sorti, c’est effectivement des conflits ponctuels humains/non humain, mais surtout une volonté des villageois de sauvegarder la faune sauvage ! Pour eux ce serait un échec de construire des parcs à éléphants et de payer pour aller les voir ! Ils ont toujours vécu avec et veulent continuer. On a donc un discourt local en faveur de la faune qui n’est pas entendu au niveau national, et on véhicule des idées de conservation extrêmement dangereuse pour les droits des populations locales… Où est l’espoir ? Bin dans le fait que les communautés ont conscience des enjeux de conservation ! On n’a pas encore tout perdu !! :slight_smile: Ils doivent se forger des armes intellectuelles pour trouver des alternatives aux modèles dominants !

E.


(Margaux Calon) #5

Salut à tous,

Je rebondis sur cette conversation pour souligner que de nombreuses initiatives sont portées par la communication/médiation scientifique pour justement promouvoir les travaux des chercheurs et sortir les chercheurs.euses de l’entre-soi. La #scicomm en France concentre ses efforts sur les questions d’environnements, de pensée critique, et l’impact des nouvelles technologies. Une implication massive des chercheurs.euses dans ce secteur est indispensable pour inviter les citoyens.nes à s’emparer des questions écologoiques, délires consuméristes etc.

Au delà de la fête de la science et autres initiatives bien connues à travers lesquels la communauté de la recherche peut réellement agir, voici deux exemples d’initiatives récentes pour appeler chercheurs.euses et médiateurs.trices à collaborer, s’organiser et agir :

A notre niveau, j’attire votre attention sur le fait que nous organisons justement demain une Happy Hour Conférence sur le thème " Les sciences de la durabilité" qui portera sur les questions de gouvernance de la mondialisation pour mieux répondre aux défis environnementaux. Un bon début pour échanger avec d’autres chercheurs systèmes complexes sur ces questions, et envisager ensemble des actions (colloque? tribune? etc.)

Bonne journée à tous et toutes,

Margaux


(Mathieu Leclaire) #6

Merci Margaux pour ces liens. Super Happy Hour conferences, que j’avais noté.

Je pense qu’on peut faire beaucoup plus et orienter nos recherches (et pas seulement partager celles des autres) sur les questions climatiques. On doit pouvoir porter ces questions encore fort que ce que l’on fait pour la science ouverte.

Si je ne suis pas convaincant, écoutez la colère d’Harrison.


(Mathieu Leclaire) #7

Étienne, je suis tout à fait d’accord sur la modélisation d’accompagnement. Cela participe à être plus proche des citoyens, à expliquer. Et la team OpenMOLE s’engage avec toi sur le projet Prosull !


(Mathieu Leclaire) #8

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Pour donner une idée de l’urgence.